CONFÉRENCE ART PRÉHISTORIQUE

 

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En Afrique comme en Europe, les premières utilisations de matières minérales capables de colorer d’autres objets ou surfaces remontent à plus de 200 000 ans. C’est principalement en Afrique qu’on trouve les premiers foyers d’exploitation de matières colorantes rouges et jaunes. Des outils servant à leur traitement ont également été découverts. Un important cap est passé aux alentours de 70-75 000 ans dans l’utilisation de ces objets : une gravure géométrique a été retrouvée sur l’un d’entre eux, tandis qu’un possible dessin en matière colorante rouge pourrait avoir été réalisé selon le même motif en traits entrecroisés. Entre la fin
du Paléolithique moyen et le début du Paléolithique supérieur, soit entre 60 et 40 000 ans, se joue également la question de l’apparition des premières peintures en contexte de grotte. Des datations récentes, qui font cependant débat, font remonter au moins deux peintures de grottes espagnoles à plus de 60 000 ans. La découverte de gravures ou de dessin associés à l’usage de matières colorantes il y a plus de 70 000 montre l’implication de ces dernières dans un ensemble de comportements à caractère symbolique. Certains vont même jusqu’à proposer une utilisation dans la peinture corporelle ayant pu marquer l’apparition des premiers « rituels ». Mais limiter la fonction de ces matériaux au domaine du symbolique serait très restrictif. L’archéologie comme l’anthropologie montrent des usages variés, dont certains pourraient, au même titre qu’une fonction symbolique, expliquer un usage répandu de ces matériaux.