Hors les murs

 

La place des Écritures

La place des Écritures est l’œuvre de Joseph Kosuth Ex Libris J.-F. Champollion (Figeac).

Elle a été réalisée dans le cadre d’une commande publique du Ministère de la Culture et de la Communication et de la Ville de Figeac en 1990, à l’occasion du bicentenaire de la naissance de Champollion.

Joseph Kosuth a posé au pied de la maison natale de Champollion une immense dalle en granit noir reproduisant fidèlement l’inscription de Rosette [11 x 8 m]. La traduction de ce décret de Ptolémée V Épiphane est gravée sur la porte en verre d’une salle voûtée contigüe, tandis que des jardins en terrasses surplombent l’ensemble. Des papyrus, des tamaris et des plantes d’essences méditerranéennes y évoquent le pays des pharaons.

Par cette création, Joseph Kosuth inscrit la pierre de Rosette dans l’architecture de la ville et évoque une écriture dans sa relation immédiate à une langue et à son contexte géographique naturel. Ici, trois écritures – hiéroglyphes, démotique, grec – et deux langues, disposées au sol, donnent au texte une place étrange et inédite à travers laquelle Kosuth interroge sur la signification des mots et du langage.

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Joseph Kosuth

Joseph Kosuth est l’un des pionniers de l’art conceptuel et de l’art de l’installation. C’est dans les années soixante qu’il commence à réaliser des œuvres fondées sur le langage et à élaborer des stratégies d’appropriation. Sa création explore invariablement le rôle du langage et sa signification.

Son étude de la relation du langage à l’art, commencée il y a presque 30 ans, a pris la forme d’installations, d’expositions, de commandes publiques et de publications partout en Europe, en Amérique et en Extrême-Orient. Il a participé à cinq Documenta et quatre Biennales de Venise où il a notamment exposé dans le Pavillon hongrois (1993).

Bibliographie

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Figeac, « Grand Site de Midi-Pyrénées » et « Ville d’Art et d’Histoire »

La situation de Figeac, entre l’Auvergne et le Quercy, a fait d’elle une ville florissante au Moyen-Âge. Au contact des voies commerçantes qui irriguaient le Midi de la France, elle s’impose par sa vocation marchande et devient une étape sur les chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle. Le cœur historique de la ville révèle un ensemble remarquablement préservé de maisons et de palais urbains bâtis aux 13ᵉ et 14ᵉ siècles par les riches marchands de Figeac.

Outre le « solelho » médiéval – ou grenier ouvert - et les galeries d’époque Renaissance, on peut aussi lire sur les façades de grès les évolutions de l’architecture entre le 12ᵉ et le 19ᵉ siècle. Surtout, la beauté et le grand nombre de ses façades sculptées lui valent l’une des premières places parmi les villes médiévales de France, au même titre que Cluny et Cordes.

Le label « Ville d’Art et d’Histoire » accordé par le Ministère de la Culture et de la Communication en 1991 et le titre de « Grand Site de Midi-Pyrénées » récompensent une remarquable conservation du patrimoine ancien, auquel s’intègrent des créations architecturales contemporaines, telles que l’œuvre de Joseph Kosuth ou une passerelle enjambant le Célé, dessinée par Marc Mimram.